Massinissa Selmani

 

L’espace du dessin et le temps de la réflexion

Les œuvres de Massinissa Selmani se caractérisent par une extrême simplicité. Ce sont des montages d’images et de dessins ou de courtes animations dans lesquels se mêlent l’humour, l’ironie, et parfois même un sentiment de révolte. L’univers de la presse écrite, notamment les dessins et photographies, est très présent. Massinissa Selmani dessine et filme avec discrétion, sans bruit. Il se méfie de la grandiloquence de certains propos et répond à ceux-ci par des gestes mesurés et pausés. Cette économie de moyens dont il fait preuve est un choix : contre la violence médiatique, la prégnance des images, il oppose délibérément la fragilité de l’exécution et la discrétion du signe. Au volontarisme et à l’affirmation, il oppose la candeur et la sobriété. C’est une posture d’artiste que l’on croise assez rarement ; elle est une expérimentation de la pensée par la simplicité du dessin.
Il s’agit donc de partir d’un sentiment simple : l’hésitation. Il retire l’image de son contexte et efface tout repère. Ainsi il obtient un support à partir duquel il va travailler la perception que nous pouvons en avoir. Les images qu’il extrait de Courrier International ou de la télévision iranienne font l’objet d’une hésitation ; cette suspension du jugement libère alors la pensée. En plaçant le papier calque dessus, il rend ensuite l’image elle même hésitante. L’impression est, pourrait-on dire, absorbée par la feuille légèrement opaque. Avec dérision, il dessine d’autres bras (Teyara, 2010) pour que l’homme arrêté se mette à voler comme un oiseau. Le journaliste de la télévision tient son micro d’une main tremblante (Iran Cartoon, 2010) alors que c’est le l’adolescent présent lors des « perturbations » qui récite maladroitement le témoignage que le Pouvoir attend de lui. Les cubes (2011-2012) est une installation où des images projetées semblent enfermées dans des petites boites de papier calque. Comme des petits diables à ressort qui seraient visibles à travers les parois, ce dispositif nous rappelle que les images sont des pièges pour l’émotion. Il s’agit donc de nous libérer de leur emprise afin de retrouver le temps de la réflexion face à elles parce que ressort de leur compréhension est en nous et ne doit pas être abandonné au mécanisme de leur surgissement.

Jérôme Diacre.

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